Caroline Gaujour a vécu en l’étranger au Mexique, aux Etats-Unis et aujourd’hui elle vit en Turquie à Istanbul. Elle a toujours réussi à travailler en contrat local dans son pays d’adoption. Mais en Turquie, ne n’était pas possible pour elle. Elle a alors décidé de se réinventer et de réaliser un rêve de petite fille: créer un roman graphique. Caro nous raconte cette aventure et nous plonge dans sa vie à Istanbul.

Notes:

• Le déclic pour se lancer dans le dessin [01:17]
• Le dessin et l’écriture: une passion depuis l’enfance [03:45]
• Des cours de stylisme du soir qui ont finalement servi pour le blog [03:39]
• Les thèmes du blog dessinsdexpat.com [08:08]
• A propos de l’article illustré « je suis devenue femme de… » [10:04]
• Les thèmes de l’album [12:51]
• Est-ce qu’il y aura des suites à cet album ? [17:09]
• La vie à Istanbul [19:31]
• Est-ce que les français vivent dans des compounds pour expats ? [22:45]
• Des conseils pour vivre à Istanbul [25:52]
• Scolariser ses enfants à Istanbul: quelles structures françaises ? [30:10]

Citations:

Quand le rêve prend le pas sur la réalité

« En arrivant à Istanbul, je me suis retrouvée dans un pays où je ne pouvais pas avoir de visa de travail (…) c’était un peu une grosse crise d’identité. Je me suis vraiment demandée qu’est-ce que j’allais bien pouvoir faire de ma vie à part être accompagnante maman au foyer ce qui n’a rien de déshonorant mais pour moi ce n’était pas suffisant pour me sentir accomplie.»

«Le déclic ça a été en le montrant à des amies ici: c’est vachement bien ces dessins, tu devrais en faire quelque chose ! »

« Quand on remplissait la petite fiche en début d’année à l’école primaire avec le métier qu’on voulait faire, je voulais être écrivain. Et j’aimais bien raconter des histoires illustrées, je faisais mes dessins et j’écrivais mes textes sur la page d’en face, déjà petite en fait. Et puis en grandissant la réalité a pris le pas sur le rêve… »

« En arrivant à Istanbul je me suis posée la question d’école de graphisme ou de mode (…) il y avait pas beaucoup d’école où il y avait des cours en anglais (…) je voulais vraiment ma lancer dans un cursus de reconversion, j’ai envisagé de prendre 2 ans ou 3 ans de cours, et avant de choisir je me suis dit prenons des cours du soir pour tester. J’ai pris des cours du soir en stylisme, ça a duré 3 mois mais finalement avec mes enfants ça me paraissait compliqué. Quelques semaines plus tard quand j’ai voulu dessiner mes fameuses idées sur ce carnet je me suis rendue compte que ces cours de stylisme allaient me servir à quelque chose. Je les ai mis à profit mais d’une manière totalement décalée. »

A propos de l’album expat en dessins destination Istanbul

« C’est vraiment sur l’expatriation en général, ce que c’est que l’expatriation avec des enfants, les situations qu’on vit quand on est dans un pays différent, nouveau. ce que c’est que le choc culturel ce que c’est que l’expatriation avec les enfants, ce que c’est que d’apprendre une nouvelle langue….»

« Ce statut de femme de c’était assez nouveau et assez déstabilisant, pas forcément très très agréable de…d’être totalement effacée enfin… en rigolant parce évidemment ya plein d’avantages dont je parle aussi dans le blog, c’est pour ça que j’aime bien faire de l’humour et décalé, me moquer un peu de moi aussi parfois parce que je reconnais bien qu’il y a de très bons côtés et de grands privilèges à vivre cette vie, là je parle du fait d’être en contrat d’expat, je suis aussi consciente qu’il y a des types d’expatriation très différents où les gens n’ont pas forcément les mêmes conditions. C’est ça qui est déstabilisant au début c’est qu’il y a de très bonnes choses et aussi des choses assez dures c’est un malvenu de se plaindre d’une situation quand même dorée dans laquelle malgré tout on peut se sentir pas bien. »

« Plutôt de l’inédit que de choses que j’ai reprises. J’ai eu du mal à qualifier l’album. les gens qui l’ont eu ont été assez surpris. Ils imaginaient quelque chose grand format plus fin. ça ressemble plus à un livre qu’à une BD en fait. C’est pas une bande dessinée avec des cases. En général il y a une vignette ou deux de dessins par case. J’ai même fait des chapitres avec le départ, l’arrivée, l’adaptation. »

« L’année 2016 a été vraiment particulière pour tout le monde. Nous entre la France et La Turquie il y a eu beaucoup d’attentats. Il y a eu un coup d’état. on l’a vécu de l’intérieur et de l’extérieur à la fois. De l’extérieur à la France par ce que ça nous a touché c’est notre pays mais malgré tout on était pas sur place. De la même manière en Turquie on est sur place mais c’est pas notre pays. On vit les deux vagues d’évènements simultanément. ça aussi c’est dans le livre. »

« Il y a dans l’album – aussi tous les questionnements d’identité d’où on vient où on va ce qu’on va faire, qui on est etc… »

« La suite est en route (…) j’avais beaucoup d’idées donc je n’ai pas pu tout mettre dans l’album. La suite ce sera peut-être avec des flash backs de la vie au Mexique ou en Californie mêlé de quotidien sur la Turquie. »

Du Mexique à la Turquie

« Y’a des résidences où il y a plus ou moins de français. Ils sont quand même assez dispersés dans Istanbul. Après j’ai pas la même vie que la classe moyenne turque. On est dans un environnement privilégié. Istanbul c’est pas une ville où il y a de la violence où on se sent en insécurité. On est pas enfermés comme au Mexique (…) j’ai pas vécu ça mais au Mexique il y avait vraiment des compound pour expatriés ou pour les gens riches qui étaient fermés qui étaient gardés. »

« Mon mari qui travaille dans une entreprise (…) a une vision de la Turquie bien différente. Il est beaucoup plus intégré, il connaît beaucoup mieux les coutumes. Les Turcs que je connais sont en général francophones ou anglophones et la plupart de mes amis sont français. (…).

«Là, c’est une expatriation où on est assez entre nous, On est dans une bulle privilégiée. Alors que les expatriations que j’ai fait avant, je travaillais dans des entreprises locales, j’étais en contrat local à chaque fois, c’était une vie vraiment différente, on avait la vie qu’on pouvait se payer avec nos salaires, aux Etats Unis on payait l’école nous-mêmes. on était avec les gens de notre niveau de vie. »

Apprendre le turc !

« J’ai pas fait un gros effort pour l’apprendre parce que je me suis dit qu’avec les bases je me débrouillais et pour atteindre un niveau de conversation ça demande vraiment beaucoup de boulot et en fait les gens ne s’investissent pas parce qu’ils ne restent pas longtemps (…). C’est pas tellement ma philosophie de voyage (…) je me sens mal maintenant au bout de 2 ans et demi quand les gens me parlent, et que je me dis mon Dieu qu’est ce que je parle mal, j’ai un peu honte quand même de moi! Parce que je trouve que c’est quand même presque une question de respect d’être dans un pays d’accueil et d’essayer d’apprendre la langue. Mais bon voilà. les circonstances font que je l’ai peu appris. Oui on peut se débrouiller mais je trouve ça mieux de mieux le parler. »

La vie à Istanbul

«  Ce qui m’a un peu dépitée au début c’était vraiment l’histoire du visa de travail. Ce que j’voudrais dire à des gens qui viennent s’installer c’est qu’il faut pas s’y arrêter, en fait on peut trouver des solutions pour travailler (…) Au niveau pratique j’ai pas eu vraiment de difficultés, ici, y’a des écoles pour les petits…. La seule chose c’est que pour faire garder les touts petits, y’a pas vraiment de solution à part les nounous à la maison. C’est assez étrange pour moi. »

« Istanbul c’est une ville moderne. Les gens qui viennent nous rendre visite sont souvent très assez surpris (y’a la qualité du métro, des transports…). Je me sens comme dans une ville européenne presque comme à Paris. »

« C’est moderne. je peux me mettre en jupe sans problème (pour l’instant! rires), je me sens pas du tout en insécurité ici, les gens sont sympas, j’prends le bus, le métro, y’a des gratte ciels qui se construisent de partout, c’est vraiment un mélange entre l’ancien et le nouveau y’a plein de jeunes entrepreneurs turcs super dynamiques.»

« Quand je suis venue m’installer ici, les gens me demandaient si j’allais devoir porter le voile. C’est vraiment loin de cette image un peu conservatrice, y’a ce côté évidemment, de plus en plus peut-être, mais y’a aussi un côté vraiment très très moderne, dynamique, inspirant. »

« On a le lycée français à Istanbul. Y’a aussi pas mal d’écoles internationales anglophones mais c’est vraiment très très cher. Donc le lycée français reste une option raisonnable. Il y a même des écoles turques dans lesquelles les programmes sont donnés en français. Donc c’est le programme turc mais en français. A partir du moment où les enfants vont en maternelle, y’a pas de problème pour trouver une école. »

Liens mentionnés dans l’interview :

http://dessinsdexpat.com/
http://www.esmod.com
https://dessinsdexpat.com/2016/01/07/tu-es-devenue-femme-de/
https://www.etsy.com/fr/listing/492503493/roman-graphique-ma-vie-dexpat?ref=shop_home_active_1
http://www.ifturquie.org/fr/egitim/ogrenim/ecoles-et-lycees-francais/
http://www.ambafrance-tr.org/-Ecoles-francaises-et-francophones-

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