Comment gérer la culpabilité d’être loin d’un proche malade resté en France? Comment gérer la douleur du deuil d’un proche décédé en France alors qu’on est en expatriation?

Magdalena Zilveti Chaland (qui vit aux Etats-Unis) et Adélaïde Russell (de retour en France mais expatriée avant aux Etats-Unis), répondent à la difficile question du deuil et de la culpabilité face à l’éloignement géographique que nous impose la vie d’expatriés.

Mon souhait est que l’écoute de cet épisode vous apporte autant de réconfort que j’en ai eu moi-même en l’enregistrant. Cet épisode fait en effet écho à l’article très personnel du blog Expat Heroes intitulé: « Maman je culpabilise d’être loin de toi. »

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QUESTIONS:

1. Parlons d’abord de l’éloignement avec un proche ou un parent malade. Parfois la famille restée en France ne nous dit pas tout pour nous protéger, ou plutôt on a le sentiment qu’on nous cache des choses sur l’état de notre parent malade. Et pour cause: on est pas physiquement en mesure d’évaluer son état du fait de la distance géographique. Quels conseils tu donnerais pour gérer cette situation? [01:47]

2. Il y a aussi une forte culpabilité qui s’installe de ne pas être aux côtés de ses proches. Et pire, quand un proche décède, d’arriver trop tard… Bref le poids des regrets est très lourd. Comment lutter contre ce sentiment de culpabilité et ce sentiment d’impuissance? [03:26]

3. Comment gérer son deuil quand on ne peut pas assister aux obsèques?  [07:09]

4. Parlons de l’arrivée de cette terrible nouvelle que le proche est décédé. C’est un choc. On se dit que ce n’est pas possible et que ce n’est pas juste. On alterne entre tristesse et colère. Le processus du deuil a été étudié par les psychologues, il y a des étapes. Peux-tu nous les décrire? [08:00]

5. Les pleurs ont une fonction importante dans le processus de deuil. Mais parfois Certains pleurent et d’autres pas. On ne réagit pas pareil en fonction de sa personnalité et aussi peut-être en fonction de l’histoire qu’on a avec le proche décédé? [13:15]

6. On dit qu’il faut laisser faire le temps. Comment peut-on accepter l’inacceptable? Certains disent que le deuil dure un an? [16:28]

7. Finalement, quels sont les signes qui montrent que le deuil est abouti, qu’on a fait son deuil? [19:47]

8. Le fait d’en parler aux enfants semble inévitable. Comment les enfants vivent le processus de deuil? [21:22]

9. Qu’est-ce qu’on peut dire à l’enfant pour l’aider à traverser cette étape?  [24:41]

10. Est-ce qu’on doit leur expliquer pourquoi on est tristes? On a parfois un peu peur que ça les perturbe ou que ça brouille l’image rassurante et inébranlable qu’ils ont de nous? [27:19]

11. Si on a pas été confronté soi-même au deuil, on a pu avoir un ou une amie en expatriation qui a vécu cette épreuve. Parfois, on a peur d’être trop intrusif dans la compassion… quels sont les bons gestes à  adopter pour soutenir son ami? [30:42]

12. Dans certains cas, perdre un proche alors qu’on se trouve à  l’étranger, ça remet en question le projet d’expatriation pour rentrer en France. Et c’est tout l’équilibre familial qui est chamboulé. Quels conseils tu donnerais pour guider la prise de décision? [36:11]

13. Comment se reconstruire, réussir à vivre comme avant après un deuil? [38:51]

14. Pour conclure, est-ce que tu as des livres à recommander? [40:24]
 

LIENS ET RESSOURCES BIBLIOGRAPHIQUES:

Sur le chagrin et sur le deuil – David Kessler et Elisabeth Kübler-Ross
Le grand livre de la mort à l’usage des vivants – Michel Hanus et Jean-Paul Guetny
Apprivoiser la mort – Marie-Frédérique Baqué
Vivre le deuil au jour le jour – Christophe Fauré

Réseau de psychologues EUTELMED
Réseau de psychologues PsyExpat

L’enfant expatrié : Accompagner son enfant à travers les changements liés à l’expatriation – Gaëlle Goutain avec la contribution d’Adélaïde Russell
Conjoint expatrié: Réussissez votre séjour à l’étranger – Gaëlle Goutain avec la contribution d’Adélaïde Russell
Réussir sa vie d’expat’: S’épanouir à l’étranger en développant son intelligence nomade – Magdalena Zilveti Chaland

Voir le guide juridique des français de l’étranger par les Notaires de France

 

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Mon mari m’annonce que son contrat a été renouvelé pour une durée de deux ans. « Champagne! » La 1ère fois qu’on renouvelle un contrat, ça se fête! Espagne: 2 ans. France: 2 ans. Suède: 2 ans. France: Angleterre: 1 an + 2 à venir, youpi! Et pourtant cette nouvelle ne me fait pas sauter de joie. Moi le conjoint suiveur comme on dit. Usée de ces expatriations successives. D’être celle qui gère les adaptations et les crises des enfants. Avant j’aurais fêté ça: enfin! On avait un peu plus de visibilité. De quoi retrouver un emploi, permettre aux enfants de construire des amitiés durables et moi aussi d’ailleurs?! Sauf que les images des adieux à venir me hantent. Contente pour lui, car les challenges professionnels qu’on lui offre ici avec le contexte du Brexit sont inimaginables en France. Monsieur comprend que cette joie ne soit pas partagée entièrement. Oui, car cette nouvelle a un goût amer pour moi.

 

Certes, j’ai enfin compris que ce statut de conjoint suiveur constituait une formidable opportunité d’avoir un projet à moi au lieu de mener le combat impossible de concilier carrière et expatriations successives (pour en savoir plus, écoutez l’épisode #12 avec Alix Carnot spécialiste des doubles carrières en expatriation). Le podcast Expat Heroes est le projet que j’ai choisi pour essayer de me construire une carrière nomade. Sur le papier c’est plutôt sympa. Seule ombre au tableau: je ne me sens pas à ma place car mes parents restés en France ont besoin de moi. Chacun son histoire familiale. Dans mon cas, le temps a construit une relation très forte entre moi et mes parents.

Il y a 2 ans, alors que nous rentrions de suède, ma présence auprès de ma mère lui a sauvé la vie. J’étais là au bon endroit au bon moment. Je n’ai fait qu’appeler les secours. Ils sont arrivés au moment-même où elle faisait un infarctus. Il l’ont réanimée comme dans les films et l’ont sauvée in extremis. Alors que 2 jours avant j’étais en Suède. Alors que 2 heures avant je me trouvais à Lyon pour signer le bail de notre location pour un retour en France qui n’aura duré qu’un an. Dans ma tête et dans mon coeur, l’équation est claire: j’étais là près d’elle=elle a survécu; je suis loin=la mort guette.

Ce renouvellement de contrat de deux ans de plus en Angleterre a un goût d’autant plus amer pour moi que j’ai appris il y a un an, que ma maman est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Alors, je ne me sens plus à ma place ici.

Cette foutue distance m’empêche de pouvoir aider mon père et ma mère au quotidien. Je viens à peine de me remettre du fait que ma mère a frôlé la mort il y a 2 ans. Voilà que sa mémoire est détruite petit à petit. Autant de moments avec elle que l’expatriation m’enlève. Je ne cesse d’avoir peur du moment où je rentrerai un jour et qu’elle ne me reconnaîtra plus. Je culpabilise énormément d’être loin. J’aimerais tellement être là pour elle, comme la dernière fois… Comment accepter l’inacceptable? Comment gérer cette culpabilité qui me ronge?

Heureusement, je ne suis pas fille unique et mon frère fait le maximum de son côté avec un boulot hyper stressant et sa petite famille à gérer… J’ai donc la chance de ne pas avoir à remettre notre projet d’expatriation en question. De toute façon, si j’avais vécu proche de mes parents, je n’aurais sans doute pas fait davantage que maintenant. J’aurais eu mon job, mes enfants à gérer, mon couple. C’est ce que mes amis me disent pour me réconforter. Cette culpabilité est pourtant bien présente. Donc, j’ai prévu des allers-retours réguliers pour atténuer ce sentiment de culpabilité et continuer à profiter de bons moments avec ma maman sans focaliser mon attention sur la maladie.

Comme mon témoignage l’illustre, vivre l’éloignement avec un parent malade et parfois un deuil à l’étranger sont des situations difficiles à gérer et tellement taboues. On préfère donner une image positive de l’expatriation: dépaysement, découverte de soi, évolution professionnelle… Loin des clichés, j’ai envie de vous offrir un épisode spécial sur le deuil et l’éloignement avec un parent malade en France quand nous sommes à l’étranger, avec deux psychologues, Magdalena Zilveti Chaland et Adélaïde Russell qui ont gentiment accepté de participer. La préparation de cet épisode m’a énormément réconfortée. Mon souhait est qu’il permette au plus grand nombre d’entre vous de trouver la paix.

>>Ecouter l’épisode #17: épisode spécial deuil en expat et éloignement avec un proche malade: comment y faire face?