Stéphane Boussand vit en Asie. Il a vécu 3 ans à Bangalore avec sa petite famille où il a continué d’être ingénieur. Et maintenant, depuis 2 ans, ils sont installés à Tokyo au Japon. Avec Stéphane on parlera des codes culturels indiens et japonais, de sécurité, d’école française, de puja et de gaijin. Mais surtout, il nous expliquera en quoi l’expatriation remet en question ses croyances.

QUESTIONS :

PARTIE 1 : L’INDE

• Pourquoi avoir tenté l’aventure de l’expatriation ? [01:01]
• Un projet de vie familial [01:46]
• Comment Stéphane a retrouvé du travail à Bangalore [02:16]
• Le visa de travail [03:14]
• Les codes culturels indiens [03:46]
• L’ouverture d’esprit acquise par les enfants [08:18]
• Les difficultés de circulation en Inde [09:02]
• Pourquoi avoir un chauffeur et une mais en Inde [09:46]
• Ecole française en Inde ? [11:26]
• Le plus difficile quand on arrive en Inde [11:46]
• Ta plus grande découverte au niveau personnel ? [12:45]

PARTIE 2 : LE JAPON

• Y a-t-il un quartier des expats à Tokyo ? [15:42]
• Y a-t-il une école française à Tokyo ? [16:17]
• Où faire ses courses à Tokyo ? [17:43]
• Est-ce qu’on circule mieux à Tokyo qu’à Bangalore ? [19:46]
• Pour visiter le Japon: le train ou la voiture ? [20:32]
• Une expérience marquante à Tokyo ? [20:47]
• Le japonais parle-t-il bien anglais ? [21:45]
• Quelques différences culturelles entre l’Inde et le Japon [23:13]
• Pourquoi vivre au Japon c’est hyper sûr ? [24:30]
• Le japonais se dispute très rarement, pourquoi ? [25:24]
• Le japonais ne dit jamais non, pourquoi ? [28:37]
• C’est quoi un gaijin ? [29:40]
• Y a-t-il une forme de racisme au Japon ? [31:04]
• Tu prends des cours de japonais ? [32:06]
• Indispensable de parler japonais pour trouver du travail au Japon ? [33:24]
• Les conseils de Stéphane pour trouver du travail au Japon [35:05]
• Des organismes à conseiller pour ceux qui préparent leur expat au Japon ? [36:33]
• Si c’était à refaire, tu le referais ? [37:38]

CITATIONS CLES:

PARTIE 1 : L’INDE

“Le monde entier est mon terrain de recherche de l’endroit parfait. ”

“C’était un projet de vie de famille avec des risques plutôt mesurés, c’est-à-dire qu’on part avec un contrat, moi j’avais pas l’intention de me retrouver homme au foyer. On avait l’intention de retravailler tous les deux. ”

“J’ai trouvé du travail au squash.”

“C’est ma nouvelle société qui m’embauchait qui m’a fait une demande de visa de travail parce que j’étais avec un visa dépendant en suivant mon épouse. ”

“Avant tout, être à l’écoute. Ne pas penser que tout le monde pense de la même façon. Se dire aussi que l’indien a autant de mal à me comprendre en tant que français, à travers mes codes, que moi l’inverse.”

“La notion de temps ou du risque futur n’est pas du tout la même qu’en France.”

“On essaie de ne pas choquer. Et inversement on essaie de ne pas laisser tout faire. Quand on allait au zoo, les gens étaient plus attirés par mes filles que par les animaux. Et ils leur pincent beaucoup les joues. Et parfois ça peut être assez fort. Ça porte chance. Pour eux c’est tellement naturel. Ils peuvent aussi les attraper, les prendre dans les bras. Et pour nous, c’est assez choquant. Donc inversement, il ne faut pas non plus laisser faire. On n’est pas indiens mais il faut aussi faire respecter certains codes que nous, on a. Ne serait-ce que pour l’éducation de nos enfants. Après, on va pas s’énerver, même si des fois on en a un petit peu marre. Ils ne le font pas de manière violente ou méchante ou négative. Ils le font parce que c’est dans leur habitude, et que quand ils trouvent un enfant joli, ils vont lui pincer les joues. Et que sûrement que tous les enfants indiens ont l’habitude de se faire pincer les joues. Mais on doit dire bah non excusez-moi mais non vous pouvez pas.”

“Elles ont acquis une capacité d’ouverture à tout le monde et à ne pas avoir peur de l’inconnu. Même si un enfant ne va pas parler leur langue, elles vont être capables de jouer avec lui. Elles ne vont pas avoir la barrière qu’elles avaient quand on est arrivés en Inde. ”

“Difficulté de voirie. Les routes sont dans un très mauvais état. Il y a des quartiers qui se développent et pas d’infrastructures qui suivent. Il y a la mousson qui fait que ça bloque toute la circulation. Il y a des distances pas très longues mais des temps de trajets très importants. ”

“Oui on a un chauffeur biensûr. Pourquoi biensûr parce que c’est une question de sécurité. C’est inenvisageable d’arriver en Inde et de louer une voiture parce qu’on connait pas du tout les codes et les règles de conduite qui sont pas du tout les mêmes. Et ensuite, qu’est-ce qui se passe en cas il y a un accident ? On va pas faire un constat comme on fait en France. Du coup un chauffeur ça connait les codes et ça évite beaucoup de stress. ”

“Il n’y a pas d’école française à Bangalore. Y’a une école internationale, y’a une école canadienne. L’école française est à Delhi.”

“Le plus difficile c’est d’arriver à prendre des repères. C’est le pays de la débrouille, chacun gère avec ce qu’il y a parce qu’il manque de tout, donc chacun s’adapte tout le temps. Donc arriver à trouver ses repères dans ce pays-là, ça prend un petit peu de temps, ça c’est un peu difficile. Et c’est aussi pour ça que c’est important d’être aidé, par un chauffeur, par une maid.”

“J’ai découvert que j’avais des à priori. J’ai remis en cause des certitudes. On part avec des idées de notre civilisation, de notre façon de penser. Et en étant sur place, en discutant avec des gens, on arrive à se remettre en cause. Finalement, ce que je croyais être une certitude c’est pas forcément vrai, c’est peut-être vrai dans mon monde mais c’est pas vrai pour tout le monde. Des choses qu’on pense être soit le bien, soit le mal, et qu’on remet en cause en discutant avec des gens, en voyant des situations.”

“C’est un pays de base soit qui attire, soit qui repousse. Je connais peu de gens qui disent pourquoi pas l’Inde. Soit y’a des gens qui ont envie d’y aller pour ce côté spirituel, coloré. Soit c’est des gens qui se disent: c’est pollué, c’est sale, y’a du mariage arrangé, y’a du viol etc… C’est plus que ça. Si je devais y retourner aujourd’hui, je dirais pourquoi pas. J’en suis parti un petit peu fâché mais avec le temps on oublie les moments un peu difficiles, on en ressort des choses, pour soi. ”

PARTIE 2 : LE JAPON

“Théoriquement, y’a plus de français dans les quartiers de l’ambassade soit du lycée. C’est pas évident de se retrouver seul et sans repères dans un quartier exclusivement japonais mais c’est faisable.”

“A Tokyo y’a le lycée français international de tokyo qui va de la maternelle au bac. Venant d’Inde et d’une école où elles parlaient anglais, mes filles ont eu la possibilité d’intégrer une classe bilingue. Elles ont 50% de leur temps un instituteur anglais, 50% un instituteur français. Et elles ont des initiations en japonais. Il faut passer un entretien.”

“J’habite dans le quartier des ambassades, y’a plusieurs boulangeries, des supermarchés internationaux. On peut faire ses courses au kombini, dans les gares de train y’a souvent des supérettes. Et on peut toujours aller chez le boucher local.”

“Tout un tas de restaurants pas chers qui permettent d’aller manger rapidement dehors et de la nourriture très bonne. Les japonais cuisinent peu chez eux.”

“Ni chauffeur ni voiture à Tokyo. J’ai un vélo et j’ai un pass pour les transports en commun. Et ça suffit largement pour se promener dans Tokyo. Il y a aussi des taxis qui sont très développés et assez chers. Faut arriver juste à comprendre le plan du métro ce qui est en soi, un peu compliqué… Pour visiter le japon on prend le train et des fois on loue une voiture.”

“En apparence tout est simple et tout est organisé. Mais par contre, dès qu’on sort du process normal on devient un cas impossible.”

“Les japonais ne parlent pas du tout très bien anglais!”

“Pour des choses très importantes ou compliquées, la société nous a aidé. Le permis de conduire français est valide au Japon. Il faut le faire transformer en un permis japonais. Le bureau qui est censé renseigner que les étrangers ne parle que japonais. Il faut y aller avec un interprète. Pour prendre un abonnement pour le téléphone, on s’arrange ils font venir le collègue. Je suis allé dans un magasin où on s’est parlés via google translate et on a réussi à se mettre d’accord sur quelque chose.”

“Entre l’Inde et le Japon y’a des choses un petit peu similaires. En se promenant, on a vu un couple qui faisait bénir le terrain sur lequel ils allaient construire leur maison. En Inde on appelle ça une puja. Par contre, sur la relation client ils sont aux antipodes. Pour les japonais le client est Dieu. Pour un indien, on a l’impression qu’ils sont totalement désinvoltes et qu’ils s’en fichent complètement. Ils n’ont pas du tout de notion de service client.”

“Le Japon est très sûr. Pour les personnes, pour les objets. C’est comme si je posais mon vélo non attaché sur les Champs Elysées, que j’allais me promener, que je revenais et qu’il était toujours là. C’est totalement culturel. Les japonais ont toujours été éduqués à ça. Des filles qui se promènent dans la rue ne sont jamais embêtées. On a jamais de risque de se faire voler ses affaires.”

“Les japonais sont à la recherche permanente du consensus et du retour à l’équilibre. Ils vont pas rentrer en conflit pour pas mettre les gens dans l’embarras. Par contre, ça veut pas dire qu’ils font des concessions, ça veut dire qu’ils vont plutôt avoir tendance à esquiver les problèmes. Ils essaient de garder leur masque pour ne pas se dévoiler et pour rester à l’harmonie. Un japonais va avoir tendance à trouver une solution qui permette d’avoir un accord, une harmonie globale.”

“C’est pas individualiste comme société, c’est collectif. On ne se met jamais en avant. De la même manière qu’on cherche pas un coupable, on va pas féliciter celui qui a réussi. On va pas féliciter celui qui a marqué le plus de buts, on va féliciter celui qui a été le plus dévoué à l’équipe.”

“Gaijin c’est les gens de dehors. Ceux qui sont pas japonais. Les japonais sont très chauvins. Y’a le made in Japan partout de la même manière qu’on fait du made in France.”

“Les étrangers sont tolérés. Ils sont pas forcément les bienvenus et ils seront jamais japonais. Il y a une forme de racisme assez claire.  Bien sûr on a aussi des amis japonais qui sont totalement ouverts et qui ont envie de découvrir.”

“Le fait de faire l’effort de parler la langue du pays c’est un signe très fort quand on arrive. En disant je ne viens pas pour conquérir mais je viens pour échanger, pour apprendre. Rien que d’arriver et dire bonjour, comment allez-vous dans la langue du pays, ça fait venir le sourire sur les visages et ça brise un peu la glace.”

“Je passe un test officiel de niveau de japonais qui s’appelle le JLPT. C’est un peu comme le TOEIC ou le TOEFL en anglais.”

“Au Japon c’est totalement indispensable de parler japonais pour trouver un poste. J’ai essayé de chercher du travail et la majorité du temps j’ai été refusé parce que simplement je ne parlais pas japonais. Pourquoi ? Parce que c’est un pays où les sociétés viennent pour pénétrer le marché japonais et elles ont besoin de compétences de gens locaux qui connaissent le marché. L’Inde par contre c’est complètement l’inverse. C’est un pays d’export où les sociétés viennent produire ou installer l’informatique, la comptabilité, etc. Et là, elles ont besoin des gens sur place pour faire le pont avec les pays occidentaux. La seule langue commune qu’ont tous les indiens au travail c’est l’anglais.”

“On peut travailler dans du recrutement. On peut trouver du travail comme chasseur de tête pour trouver des profils de japonais parlant anglais.”

“Trouver un travail dans une société japonaise c’est quasi mission impossible. Dans une société française, elles sont sollicitées par tous les français qui viennent et les sociétés françaises qui sont là ne cherchent pas forcément des français, mais plutôt des japonais qui parleraient très bien français et qui parlent surtout très très bien japonais pour pouvoir parler avec les clients japonais.”

“A Tokyo il y a l’AFJ (l’Association des Français du Japon) qui organise des évènements. L’AFJ permet de trouver des relations de se faire du réseau. Le Japon c’est pas un pays super compliqué pour arriver. Tout est bien organisé . Le logement peut être un petit peu difficile à trouver. Et il y a énormément d’expatriés donc on peut rapidement voir des gens et leur poser des questions.”

Liens mentionnés:

L’Association des Français du Japon
Le centre d’affaires de la CCI France Japon
Des infos pour passer le test de japonais JLPT

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