[00:00:21] Pour ce mois d’août, je vous propose une série d’épisodes pour faciliter votre atterrissage dans un nouveau pays d’accueil. Pour ce troisième épisode hors série, je vais vous partager des conseils pour aider votre enfant à se sentir chez lui dans son nouveau pays. 

[00:00:38]  Avant de rentrer dans le vif du sujet, j’ai envie de vous partager une petite mini interview que j’ai faite de mon fils. Il a huit ans et on est expatriés en Angleterre depuis cinq ans quand il est arrivé en Angleterre. Il ne parlait pas la langue. Évidemment, nous n’avions pas d’amis. Il savait que c’était important pour nous d’être ici pour suivre papa qui était envoyé pour une mission extra spéciale et qu’on allait évidemment pas le laisser tout seul aller vivre en Angleterre, qu’il allait trop nous manquer. Donc, on est partis avec lui et les réponses qu’il m’a données nous laisse imaginer les épreuves qu’il a pu traverser et que votre enfant va sans doute aussi traverser la barrière de la langue et aussi l’importance de se faire des amis. Je ne vous en dis pas plus, je vous laisse l’écouter et je reviens tout de suite après avec des conseils pour aider votre enfant à bien s’adapter et à se sentir chez lui dans ce nouveau pays. 

Mon fils de 9 ans raconte les difficultés quand on arrive dans un nouveau pays

[00:01:54] Ttu as 8 ans. Ça fait cinq ans que tu vis en Angleterre et tu te souviens au début, c’était pas facile… Si tu avais un petit garçon ou une petite fille qui te disait “oh la la j’ai vraiment peur de partir vivre dans un nouveau pays. Qu’est ce que tu lui dirais?” 

[00:02:11] Je lui dirais que la Teacher et tout le monde dans l’école sera très gentil à toi et que la Teacher demandera à la personne la plus gentille dans la classe de te montrer où tout c’est. 

[00:02:26] Ça va bien se passer à ton avis? 

[00:02:28] Oui et non. Parce que il peut y avoir des personnes méchantes. Mais en même temps, si tu gagnes des amis rapidement, il pourra te défendre. Même si y’a quelqu’un de méchant. 

[00:02:41] Tu parlais pas du tout anglais quand tu es arrivé, alors c’est vrai que c’est pas facile ça quand les gens ne comprennent pas. 

[00:02:50] Mais il y a des personnes dans mon école qui m’appelait Jam, qui n’étaient pas très gentilles. J’ai demandé à la teacher si je pouvais parler à la classe, et c’est quand j’ai dit que je n’étais pas jam et ils m’ont appelé par mon vrai prénom. 

[00:03:09] Mais en fait, ils savaient pas vraiment prononcer. C’est pas qu’ils voulaient être méchants. Est ce que tu veux nous dire un mot en anglais pour conclure? 

[00:03:19] Bye bye! 

Mes conseils pour aider votre enfant à s’adapter à l’étranger

[00:03:23] Maintenant que mon fils nous a aidés à entrer dans le vif du sujet, je vais vous partager mes conseils pour aider votre enfant à se sentir chez lui dans son nouveau pays d’accueil. J’ai vécu trois expatriations avec deux enfants au départ, mon fils aîné avait trois mois et aujourd’hui j’ai deux enfants qui ont 11 ans et 8 ans. Donc dans la mesure du possible, je vais essayer de vous faire profiter de ce que j’ai compris à travers mon expérience, mais aussi à travers les interviews de francophones expatriés et d’experts que j’ai invité sur le podcast Expat Heroes. 

Prendre le temps de dire au revoir pour mieux dire bonjour

[00:04:05] D’abord avant le départ. C’est vraiment important de prendre le temps de dire au revoir. Florence, qui a fondé Expat Village et qui est coach pour enfants expatriés dit que il faut en fait prendre le temps de dire au revoir pour mieux dire bonjour. Pourquoi? Parce qu’il peut y avoir, en fait, ce qu’on appelle des deuils non résolus. C’est-à-dire qu’il y a toujours un sentiment pour l’enfant expatrié quand il s’en va de ne pas avoir participé à des choses. Et ça crée un sentiment, un sentiment de deuil, d’avoir perdu quelque chose, une perte, la perte des amis, c’est sûr, mais la perte aussi d’expériences manquées parce qu’on part. Donc c’est vraiment important de les aider à tourner la page. Organiser une fête, une fête d’adieu, quitte à quand on arrive dans le pays d’expatriation de marquer le coup aussi. Alors ça dépend des cultures. Je sais qu’en Finlande, par exemple, faire une pendaison de crémaillère, c’est pas très bien vu. Mais dans certaines cultures, ça peut être une bonne idée d’organiser une petite fête pour faire connaissance avec ses voisins. Donc prendre le temps de dire au revoir pour mieux dire bonjour. 

Expliquer à l’enfant les raisons de ce départ

[00:05:25] Il est important, je pense, que c’est une opinion personnelle, mais d’expliquer à son enfant les raisons de ce départ. Et puis de transformer en fête cette expatriation en aventure familiale. C’est clair que si l’enfant y sent que vous êtes pas bien en accord avec ce départ, eh bien il va le ressentir. Il ne va pas être bien non plus. Ce qu’on avait fait, c’est surtout pour mon grand, parce qu’il avait vécu plusieurs expatriations, c’était lui dire “papa, il a des missions en fait, comme les super héros, et du coup, il doit partir et on ne va pas le laisser tout seul. Et c’est vrai que pour notre dernier départ, avant qu’on parte en Angleterre, mes enfants, ils me l’ont ressorti plusieurs années plus tard, ils avaient compris que c’était très important pour la famille parce que mon mari, à l’époque, faisait des allers retours entre l’Angleterre et la France. Et pour être réunis, il fallait fallait qu’on aille le rejoindre en Angleterre. Il n’y avait juste pas d’autre solution, en fait, parce que c’était trop difficile d’être loin de papa. Donc voilà, moi, j’ai trouvé mon moyen, mais en tout cas, je prends le parti de dire qu’il faut dire la vérité aux enfants. Il faut leur expliquer les choses. Ils comprennent beaucoup plus de choses qu’on ne le croit. Donc autant leur dire les choses avec franchise et partager vraiment cette aventure avec eux. Et même si on peut aussi avoir des difficultés en tant qu’adulte pendant cette expatriation, évidemment, c’est pas de leur faire porter tout ce poids là, mais quand ça ne va pas, ça ne va pas et de leur dire aussi “j’ai passé une mauvaise journée aujourd’hui, ils n’ont pas compris quand je parlais”. Ça resserre les liens de la famille et ils peuvent prendre le rôle aussi de la personne qui rassure et ça peut aussi les aider à avancer dans leur propre chemin et leurs propres difficultés, de se dire “ouais, je ne suis pas le seul, mais j’ai donné un conseil à mon frère”, par exemple. “Je vais me l’appliquer aussi à moi même” et de se sentir d’une certaine manière un peu plus fort. 

Le doudou fait partie de l’aventure

[00:07:44] Ce qui avait marché pour mon fils, c’était le doudou. Alors je sais que tous les enfants sont pas vraiment doudou. Mais si le vôtre a un doudou, c’est de faire participer ce doudou à cette aventure. Mon aîné, on a eu beau vivre dans plusieurs pays, il a vécu en Espagne, il a vécu en Suède et maintenant en Angleterre. Il a toujours ce doudou. Maintenant, il a 11 ans, pourtant. Mais ce doudou, c’est très important pour lui. Et bien sûr, il s’en est un peu défait en ce moment. Mais il est toujours dans sa chambre et il sait que c’est ce petit objet l’a accompagné. C’est quelque chose qui n’a pas changé d’expatriation en expatriation. On a adopté une chienne et pour cette raison-là, c’est pour se dire c’est un élément qui ne change pas, même si on bouge d’un pays à un autre. Et ça, c’est super sécurisant. C’est ça, en fait. Leur créer une atmosphère sécurisante. On sait pourquoi on part. On est en phase avec ça. C’est une super aventure et aussi de leur dire “Ben ça va être dur, mais on est ensemble. C’est ça qui compte”. 

Recréer une routine sécurisante

[00:08:54] À l’arrivée dans le pays, recréer une routine quotidienne sécurisante. La routine, c’est sécurisant et ils ont besoin de ça. Des repères physiques et temporels, donc, dans sa chambre si possible. Je sais que ce n’est pas le cas partout, par exemple en Russie. J’avais une amie qui a déménagé là-bas. Elle n’a pas pu emporter tout ça. C’était un peu traumatisant parce que comment recréer à ses enfants un cocon sécurisant si ils reconnaissent plus leurs meubles? Si on va vivre dans un meublé, c’est très difficile. Mais voilà. Faites le maximum pour pouvoir lui recréer ses repères familiers, sécurisant donc des repères physiques à travers des objets, mais aussi des repères temporels. Voilà une routine du coucher, une routine du petit dej. Trouvez vous vos routines ça, c’est hyper important pour qu’ils se sentent chez eux. 

Aider votre enfant à se faire des amis

[00:09:52] Ensuite, il y a la question centrale des amis, vous l’avez entendu avec l’interview de mon fils. Alors comment on va se faire des amis? Bien sûr, ça va passer par l’école. Ça n’a pas été évident, mais forcément, à l’école, il y a toujours des gentils. Il y a toujours quelqu’un qui va aller venir voir votre fils ou votre fille pour le rassurer, pour le réconforter. Je crois pas moi au monde où il n’y a que des méchants, c’est pas possible. Il y a forcément une bonne personne. Un enfant qui va prendre votre enfant par la main, qui va aller lui essuyer ses larmes pendant la cour de récré. Et ça va aussi être renforcé par les valeurs de l’école. On a intégré une école publique anglaise et à l’école, ce sont des valeurs fortes. C’est placardé dans la cour de l’école de ne pas laisser un enfant tout seul et d’aller d’aller le voir. Donc, les élèves ont ça en tête. Donc ça, vous inquiétez pas là dessus, ça va se faire tout seul. Les amis à travers l’école. Pour faciliter ça, vous pouvez du coup inviter des copains copines de classe pour une playdate. Là encore, ça dépend des goûts et des cultures. Mais les inviter à la maison pour jouer, pour prendre le goûter, ça peut être vraiment un moyen de resserrer les liens et que votre enfant commence à se dire “Bah oui, j’ai des copains, c’est cool”.

Le sport vecteur d’intégration et fil rouge

Il y a un autre moyen, c’est par le sport. J’ai mis mes enfants au tennis et c’est quelque chose qui nous sécurise aussi. On sait que si on rebouge ce tennis, ce sera une boussole pour eux. Ce sera un moyen de s’intégrer dans le pays, de se faire de nouveaux amis. Donc, le sport, ça peut être vraiment un bon moyen aussi de sociabiliser sur place. Mais même plus tard, si vous devez vous expatrier ailleurs pour votre enfant de se refaire un cercle d’amis. Et puis pour sa confiance en lui. C’est vrai que quand on intègre un cercle social, on a besoin de faire ses preuves quelque part, entre guillemets. Les gens nous jugent alors qu’ils nous connaissent pas. Et donc, en fait, le fait d’avoir un sport et d’exceller, par exemple, dans ce sport, va attirer des gens vers nous qui vont être tout de suite tout de suite intéressés, curieux et surtout bienveillants et gentils. Donc, le sport ou ça peut être le théâtre, ou peu importe une activité que votre enfant aime faire et puisse partager avec d’autres. Et là, des amitiés peuvent se créer aussi par ce biais-là. Ce qui est important de retenir, c’est évidemment, j’enfonce des portes ouvertes, mais c’est le dialogue avec avec son enfant et surtout pas dire -ce que les experts du podcast, souvent, m’ont dit- il ne faut pas dire, “mais t’inquiète pas, ça va bien se passer”. Ne pas minimiser leur chagrin, leur tristesse ou leur peur, les écouter et leur proposer des solutions, sécher leurs larmes, mais ne pas refouler ça, c’est très important. Soyez en empathie avec eux et donnez leur des solutions. Mais l’effet placébo ça ne marche pas pour ça. En tout cas, c’est mon opinion personnelle. 

Vous n’êtes pas seul-e-s !

[00:13:14] Après, évidemment, les parents expatriés, on n’est pas des super héros. Même si se trouve dans le podcast Expat Heroes, là on est dans l’image du défi, mais on n’est certainement pas des superhéros. On n’a pas des super pouvoirs. On est des adultes comme les autres, avec nos défauts, nos qualités et on apprend chaque jour. Donc, si vous avez besoin de vous faire aider, oui, faites-le. Il y a des réseaux, il y a le réseau Expat Pro, par exemple. Il y a la super communauté d’experts de Expat Village aussi. Il y a le réseau de psychologues Psyexpat. Donc, il y a des solutions qui existent. Donc surtout, surtout, ne restez, ne restez pas seul. Vous avez évidemment des structures d’accueil francophone. C’est toujours délicat. Je comprends aussi de parler dans son réseau de français de problèmes qu’on peut avoir. Mais vous avez sûrement une personne de confiance avec qui vous entendez mieux et qui pourra vous aider à y voir plus clair et à voir s’il y a peut-être à vous mettre en relation avec un professionnel. Donc, vraiment, ne restez pas seul face à un problème que peut avoir votre enfant. Nous, les expats, justement, on s’entraide, on passe par les mêmes épreuves, donc c’est absolument normal. Il faut pas avoir honte de ça. Voilà, j’espère que cet épisode vous a aidé en tout cas à faire le point là dessus et que ces conseils vous seront utiles. Je vous donne rendez vous pour un prochain épisode dans lequel je vais vous expliquer pourquoi entreprendre a radicalement changé ma vie d’expatriée.